De Barreirinhas au parc des Lençois Maranhenses, les portes d’un monde sacré – BRESIL

IMG_1792red

Salut la compagnie!

Comme promis j’essaye d’instaurer pour commencer un rendez-vous hebdomadaire du mercredi que je tâcherais de développer petit à petit…

Peut être êtes-vous au beau milieu de vos vacances et donc moins présents par ici (cela étant c’est tout le bien que je vous souhaite!) mais pour celles et ceux qui auraient envie de s’évader le long de mes mots et images, une nouvelle fois je vous embarque dans mes poches au bout du Monde, dans un lieu d’une inénarrable Beauté rempli de silence et de profondeurs ancestrales.

 – Bienvenu(e)s au parc naturel des Lençois Maranhenses –

IMG_1863redIMG_1831redIMG_17892IMG_1846redimIMG_1808redIMG_1833 (2)

 J’ai marché sur la Lune, baignée dans ses rayons, je l’ai vu rouge et ronde, altière et reine des cieux. J’ai couru parmi les forêts d’Étoiles, bu l’eau des lagunes et enivré mon corps de ces étendues limpides dont les bras langoureux s’étirent par delà les horizons infinies des dunes de sable blanc. J’ai marché jusqu’à en perdre mon souffle, j’ai marché les pieds nus polis au rythme de mes pas crissant sous la finesse des grains sablés. J’ai savouré le goût du vent dans ma bouche, laissé le temps se cristalliser dans la splendeur du soleil brûlant, étourdie de tout mon soûl par cette Symphonie du Monde qui se jouait à chaque instant, à chaque pas présents, attentive à l’écho du silence qui s’étoffe à mesure que je m’enfonce  dans ce giron chaud et délicat, celui qui nous porte au creux de lui, celui dont nous venons au monde, l’unique Mère qui nous relie tous et nous porte, du jour premier jusqu’au dernier.

Nous naissons tous d’un seul et même ventre, entre terre et racine, sable, étoiles et eau. Rien d’elle ne nous appartient si ce n’est apprendre à recevoir et s’émouvoir de ses incessantes merveilles et les garder là comme un cadeau précieux, là dans la poitrine au creux qui palpite pour elle, pour toujours. Ma Terre précieuse, ma planète Bleue, ma fascinante aimée.

Comment décrire, comment partager au plus près ce qu’on ressent, ces sensations, ces énergies qui nous remplissent de vie, celle d’éprouver son corps dans ce vaste monde, celle d’aller voir plus loin encore au-delà des sens dont les perceptions sont parfois limitées? Je brode mes souvenirs, mon expérience vécue au fil des mots qui m’arrivent, au plus juste je l’espère.

Situé dans l’état brésilien du Maranhao, le parc naturel des Lençois Maranhenses ( littéralement »draps du Maranhao » en portugais ) est donc ce lieu majestueux et envoutant drainant environ 1550 km2 d’étendue de dunes désertes au milieu desquelles ondulent une multitude de lagunes aux eaux translucides.

carte-fortaleza-sao-luis-1000carte_lencois

Tout dans ce périple s’est avéré d’une fluidité tellement incroyable et délicieuse qu’elle mérite bien d’être contée.

J’ai quitté Jericoacoara direction Barreirinhas, la porte d’entrée depuis cette petite ville pour accéder au parc et les splendeurs dont il recèle, accompagnée de Stephan et Benjamin deux frères de nationalité allemande tout aussi adorables que Filipo l’ami italien que nous avons quitté une fois arrivés à destination.

C’est donc entourée de ces deux nouveaux compagnons de route que nous nous sommes rendus dans un lieu qui déjà allait teinter l’humeur et l’énergie belle des jours de marche qui nous attendaient. Les garçons avaient l’adresse de cette posada et le contact d’un potentiel guide pour nous mener au cœur de ce paradis de dunes lunaires.

Une fois de plus mes peurs et réticences ont bien été mises à mal!

Alors que je m’inquiétais de voir qu’en suivant l’adresse indiquée nous nous éloignions considérablement du centre ville déjà pas bien immense pour nous enfoncer dans des ruelles de moins en moins praticables voire accessibles et que mon mental ne faisait que ressasser des problématiques à la noix du genre « comment on va faire pour aller faire des courses et revenir, retirer de l’argent, etc » et que j’étais déjà presque prête à faire demi-tour, nous avons débarqué à PARAISO DO CAJU qui porte vraiment bien son nom!

Accueillis très chaleureusement par Patricio, Alana sa compagne et les autres habitants de la maisonnée ( humains, félins et canidés!), autant vous dire qu’il ne m’en a pas fallu plus pour me sentir immédiatement bien et au bon endroit dans cette Maison du Bonheur. (En ce qui me concerne, une maison où il y a des animaux -dans de bonnes conditions évidemment!- me donne d’entrée de jeu le genre d’atmosphère du lieu et je m’y trompe rarement…) 

IMG_1891redIMG_1766redIMG_1764IMG_1779IMG_1782redimIMG_1909redIMG_1898redIMG_1896redIMG_1910redIMG_1776red

Cette maison posée sur les hauteurs entourée de verdure appartient à la maman de Patricio, c’est aussi là qu’il est venu au monde et que depuis quelques années elle est devenue un lieu d’accueil pour les voyageurs et qu’y sont également proposer différents parcours au sein du parc suivant le temps et le budget dont on dispose.

Patricio revenait tout juste d’un trek de 3 jours, aussi comme nous souhaitions partir dès le lendemain, c’est Carlos l’ami d’enfance lui aussi natif de Barreirhinas qui serait notre guide pour ces trois jours de marche et de beauté.

J’ai aimé la spontanéité des ces rencontres, des ces échanges, des repas partagés ensemble dans la joie et la simplicité. Avoir la sensation d’être accueillie chez des amis, et non comme une touriste lambda qui aurait payé une agence pour pouvoir faire son trek. J’ai rapidement rebaptisé Carlos le « petit prince des dunes » car je ne peux m’empêcher de penser au roman de Saint-Exupéry chaque fois que je me trouve en présence des ces étendues de sable à perte de vue…

J’ai toujours la sensation qu’il apparaitrait là comme ça, d’un rien au milieu de nulle part au détour d’une dune et à voir le sourire et le regard pétillant et lumineux de notre jeune guide, ces jours là je peux vous dire qu’il y avait un soleil de plus qui marchait et rayonnait dans ce désert.

Cela étant dit, mes deux autres comparses ne furent pas en reste niveau joie, douceur et gentillesse et leur présence à tous les trois est bien entendu indissociable des merveilleux souvenirs qu’à jamais je garderais de ces jours de bonheur. Trois petits frères à mes côtés.

IMG_1849redIMG_1864IMG_1824redIMG_1870redIMG_1844redIMG_1805redIMG_1803redIMG_1874redIMG_1878redIMG_1890red

Partir à 3h du matin en quad dans les chemins sablés la tête aspergée d’une nuée d’étoiles divines se détachant du ciel noir d’encre pour être déposés à l’entrée des premières dunes du parc *, commencer à marcher éclairés par les rayons de lunes puis au fil des heures et des pas effectués, doucement être témoin du jour qui point. Dormir en hamac chez les rares familles à demeurer encore au milieu d’oasis de verdure dont regorge par endroit ce vaste monde sauvage et sacré. C’est dire adieu au soleil jusqu’au lendemain et rencontrer la nuit venue la Lune, s’y abandonner délicieusement prendre un bain de lumière d’étoiles. C’est retrouver nos jeux d’enfants à se rouler dans le sable et plonger dans les eaux transparentes.

C’est se pétrir de VIE pure, d’énergie nouvelle et fondamentale. C’est recontacter à l’Ame du grand Tout, la nôtre, celle de la Terre et des êtres vivants qu’elle porte en son sein. Retrouver une sorte d’état sauvage, aller droit devant, marcher, faire le vide.

Une méditation au Désert, un chant d’immensité.

IMG_4969

* car il est formellement interdit d’y pénétrer avec quelconque véhicule motorisé … enfin ça c’est sur le papier. Malheureusement durant ces 3 jours, nous croiserons plus d’une fois des « guides » et autre « agences » enfreignant éhontément cette règle de protection environnementale, profitant de l’ignorance de la plupart des touristes quant à cette interdiction. Chaque fois mon coeur se serre, espérant au plus profond que jamais on en arrive comme à Jericoacoara où en fait de site protégé, cela deviendrait un circuit tout terrain… Je ne me fais pas trop d’illusions. Deux gardiens assure officiellement de maintenir la protection du parc mais bon, imaginez surveiller  1550 m 2 à deux … et dans un pays où la crise économique est marquée, on sait bien quel est le nerf de la guerre, chacun fait ce qu’il peut pour s’en sortir quitte à s’arranger à sa manière… Compliqué n’est-ce pas… –

13627256_661183410695876_6785832439287159958_n
Le dernier mot au retour.

Toutes les infos pratiques si vous souhaiter en savoir plus sur cette Maison Bonheur : http://www.paraisodocaju.com/

Quant à moi je reviens mercredi prochain, me rapprochant pas à pas du périple amazonien qu’il me tarde de vous conter.En attendant, je vous laisser intégrer en douceur mes poussières d’étoiles et autres douceurs ensablées.

Belle semaine à vous.

Adèle

 

 

 

Enregistrer

Publicités

6 réflexions sur “De Barreirinhas au parc des Lençois Maranhenses, les portes d’un monde sacré – BRESIL

  1. Sublimes tes dernières photos, Adéline, et bien sentis tes commentaires. Comment se fait-il qu’aucun reportage télé sur cet endroit n’ait vraiment été médiatisé? Vraiment stupéfiants ces paysages!

    J'aime

    1. Merci pour tes mots ma chère Jacqueline … En effet je ne sais pas s’il existe quelconques reportages sur ce merveilleux endroit mais en j’ai envie de dire quelque part tant mieux s’il reste encore pour le moment inconnu du grand public … Il est important je crois de préserver quelques lieux un peu secrets encore dans ce Monde…
      Je t’embrasse bien fort. A bientôt j’espère.

      J'aime

  2. Donne et tu recevras au centuple ! C’est ce qui m’est arrivé deux ans auparavant en emmenant vers Bruxelles, quelques kilomètres seulement, un petit soleil avec lequel nous avons devisé à bâton rompu et qui, depuis quelques mois, m’emmène à son tour, avec tant d’autres amis, vers de telles contrées merveilleuses, nous faisant partager ses meilleurs moments, ses meilleurs souvenirs…
    Merci mille fois, Adèle, de resplendir et d’éclairer ainsi l’esprit d’un homme vieillissant en lui rappelant combien le monde est beau pour peu qu’on le regarde avec amour !

    Aimé par 1 personne

    1. Christian, vous êtes mon cadeau de la journée! Merci pour vos mots ô combien touchants et au plus juste du partage que j’essaye de propager … Merci de votre sensibilité et de votre générosité de coeur. Au plaisir de se recroiser un jour sur les routes de la Vie. Bien à vous. Adèle

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s