Santarem, Alter-do-Chão: mon rêve d’Ayahuasca (partie 1) / BRESIL

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Pour celles et ceux qui me suivent sur Fb, peut-être vous revient brièvement en mémoire ce post que j’avais publié un peu mystérieux mais prometteur d’une importante étape à franchir, un cycle de vie à clore, un autre à entamer… Petit rappel:

« Un petit mot par ici pour dire que depuis quelques jours je me cache dans ma cabane au fond des bois – C’est un moment très important pour moi qui est en train de se passer, beaucoup de nettoyage intérieur, de lecture, de calme et d’écrit.
Une sorte de re-naissance va s’opérer ici et j’en parlerais sans doute plus longuement lorsque je sortirais de cette retraite au milieu des arbres (…) « 

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L’histoire que je m’apprête à vous partager est l’une des expériences les plus puissantes, belles et émouvantes qu’il m’ait été donné de vivre dans ma jeune existence. Elle est aussi d’une grande et profonde intimité, je vous demanderais donc d’accueillir mes mots et mes ressentis dans la plus grande bienveillance et ouverture du cœur.

Certes me direz-vous rien ne m’oblige à vous raconter ce qui va suivre, il n’empêche que je garde à l’esprit ma ligne directrice, le fil rouge de l’existence de ce blog  » Partage d’un chemin d’éveil et de liberté » et j’ajouterais même désormais « Partage des Beautés du Monde » là où finalement le voyage n’est qu’un « prétexte » à livrer le chemin parcouru dans le monde extérieur comme intérieur… Je continue donc de suivre mon intuition, ma guidance car au vue des messages fabuleux que j’ai reçu lors de cette expérience je ne peux me résigner à garder cela pour moi seule.

Encore une fois d’expérience je sais comme il est important de pouvoir rencontrer des personnes qui nous guident d’une manière ou d’une autre sur la route de notre propre existence et j’en profite d’ailleurs pour remercier infiniment toutes les belles âmes que j’ai déjà eu la chance de croiser dans mon parcours que ça soit à travers leur blog, des gens rencontrés en chemin ou des ami(e)s qui me sont très proches. C’est donc humblement qu’à mon tour à travers mes partages, je me fais porteuse de cette Lumière et de la Foi à ranimer et redonner au Monde et qu’à travers mes mots, peut être qu’un souffle d’apaisement et de guérison frôlerons les cœurs qui en ressentiront le besoin. Prenez le temps de lire et d’infuser…

Allez, c’est parti!

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Après Sao Luis, je me suis envolée direction Santarém implanté dans l’état du Para, à ce niveau là on a déjà un pied certain dans la légendaire Amazonie.  Un peu fatiguée de ces derniers jours de grands mouvements, je me suis payée le luxe d’une « vraie » chambre d’hôtel où je me réjouissais d’avance d’un lieu tranquille et bien connecté où je pourrais rédiger quelques lignes par ici. C’était sans compter sur ma tête de linotte qui me fit oublier mon chargeur d’ordinateur à Sao Luis (…) ! Alors pour ce premier soir, me voici à errer au gré de mes pas et de mon agacement certain dans les rues peu animées de cette petite ville du bout du monde. Quand le long des quais qui bordent le mythique fleuve Amazone, attirée par la lumière je me retrouve allongée sur une plate forme de bois bercée par le doux remous des eaux provoqués par les quelques bateaux rentrant tardivement au port. J’écris, sous le regard tendre de la lune. Il y a des petits groupes de gens dispatchés ça et là, tous les âges, ça rigole, ça parle fort, ça boit des coups un peu… Jusqu’à ce que débarque proche de moi toute une bande de jeunes (ouais des d’jeuns genre la quinzaine!).

Très vite, quelques filles m’approchent intriguées par mon activité « littéraire »(!) et puis tout aussi rapidement me voilà intégrée à toute la bande qui s’avère être un regroupement de jeunes gens appartenant à la même église. Deux femmes « adultes » sont également présentes. Et là, toute la soirée durant nous avons chanté, dansé, tapé des mains, bu des jus et mangé des sandwiches au rythme entrainant des mômes grattant les guitares et réchauffant leurs percus! C’était le 21 juin, et je vivais ma fête de la Musique à l’autre bout du monde dans la joie, les sourires et les yeux qui pétillent!

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Puis dès le lendemain, j’ai repris mon paquetage direction le village d’Alter-Do-Chao à 1h environ de Santarem situé sur le Tapajos, un confluent de l’Amazone. Côté dans la région pour ses longues étendues de sables blancs, devenant un lieu assez prisé le week-end par les Brésiliens vivant aux alentours. J’avoue que je ne m’y serais probablement pas spécialement rendue si je n’avais pas eu une idée bien précise derrière la tête…

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Depuis de nombreuses années maintenant je me suis à travers mes lectures entre autre, très fortement imprégnée des traditions ancestrales des peuples amérindiens. Leurs croyances, leurs rituels et symboles, leur rapport au Monde et à tous les êtres qui le peuplent, animal, végétal. Je me sens viscéralement proche de leur vision du monde, je ressens depuis longtemps cette relation au grand Tout, cette Unité du Monde où chaque chose est reliée à une autre, l’existence de mondes invisibles pour nos yeux d’humains qui sont pourtant là tout autour, reliés à nous en permanence. Nous même sommes habités par bien des énergies qui portent et nous guident sur le chemin de nos existences, si nous apprenons à écouter, à nous y « connecter ». Et pour tout vous dire, je me sens moi-même en permanence extrêmement habitée et accompagnée par ces puissances immémoriales…

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C’est donc tout naturellement dans la continuité de mon évolution, la volonté et la nécessité de vivre cette expérience qu’avant même de partir en voyage, je savais que je ferais l’expérience d’une cérémonie d’AYAHUASCA.

Je ne vais pas me lancer dans une explication sans fin, Wikipédia s’en chargera tout aussi bien croyez-moi (Cliquez ici). Tout ce que je peux dire c’est que ce breuvage à base de liane est utilisé en rituel de guérison et de purification du corps et de l’esprit. C’est extrêmement puissant. Il vous plonge dans un état de conscience modifié d’où sa comparaison (pour les gros raccourcis) avec certaines drogues dites « hallucinogènes » mais là s’arrête la comparaison dans la mesure où les personnes qui sont amenées à en prendre sont en principe dans une volonté réelle d’aller guérir certaines choses logées en elles parfois bien enfouies, des blessures émotionnelles à réparer, des réponses à trouver etc …

Pour citer une personne rencontrée en chemin:  » Prendre de l’Ayahuasca, c’est comme si tu te faisais 10 piges de psychanalyse en une séance! » – Pas totalement faux cela dit!

Évidemment je ne serais pas allée faire cela n’importe où ni m’adresser à n’importe qui. Sur les conseils de mon amie Elsa rencontrée au Mexique, je me suis rendue dans cette communauté où je savais que je pourrais vivre cette expérience dans de bonnes conditions, guidée par des personnes bienveillantes.

Car il faut en plus s’y préparer un minimum. Repos et diète quelques jours avant sont préconisés. Je me suis donc installée dans cette petite cabane au milieu des arbres, entourée par l’énergie de l’Ayahuasca, préparée et veillée jour et nuit par les hommes du lieu.

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Voilà je suis prête à l’écrire, ce grand rêve éveillé, ce rêve sacré et ancestral, mon rêve d’aborigène.

– Lundi 29 Juin 2016 –

Vers 21h j’ai avalé la première dose de ce liquide noir, opaque, saumâtre, épais, grumeleux, terreux et acide. L’effet est arrivé assez tardivement alors que je ne ressentais pas encore grand-chose. Et puis d’un coup en sortant des toilettes, passant mes mains sous l’eau ma lampe frontale vissée sur le front, je l’ai vu ou plutôt je me suis vue. Le GUÉPARD.

Mes yeux lançaient deux éclairs jaunes vifs et luisants du plus profond de leur pupille. Mon visage baigné dans l’ombre et la lumière suivant l’inclinaison que j’offrais à la lampe me renvoyait tour à tour un reflet fantomatique, ancestral, une lueur d’animal vive, un visage d’enfant aux aguets, tous les sens en éveil. Mon animal totem, mon protecteur venait de se révéler à moi.

Je suis retournée tranquillement au campement, me sentant reine absolue de tout mon environnement, j’ai levé les yeux et là je les ai vu elles brillaient plus que tous les diamants de la Terre réunis, elle m’appelaient. J’ai alors déplacé la natte jusqu’au milieu de la clairière et me suis allongée là près du rond qui accueille le feu, face à elles. Je crois de ma vie n’avoir jamais contemplé un spectacle aussi somptueux. Ce ciel d’encre sur lequel sont accrochées ces scintillements par millier: les Étoiles.

Un long dialogue a alors débuté.

Elles m’ont dit que j’étais l’une d’entre elles, que j’étais leur sœur, qu’elle sont et avaient toujours été là près de moi, à me veiller. Je me suis sentie baignée d’une énergie d’Amour Absolu, tout, autour de moi m’entourait d’amour et de douceur, elles étaient là à me sourire de toute leur bienveillance. Puis, une s’est détachée du lot. On la remarquait, elle était plus lumineuses, les autres l’entouraient en lui laissant un certain espace, elle était plus rayonnante et remarquable aussi alors soudain je l’ai reconnue.

*Vénus*comme dans la chanson de Bashung qui m’a soudainement reprise aux tripes comme la première fois où je l’avais entendue, *Vénus* première à éclairer la nuit…

La première version enregistrée en studio est d’une abyssale et lumineuse profondeur, une pluie d’or aux cordes caressantes, la pulsation d’un cœur comme un élan vital… Je ne peux malgré tout m’empêcher de vous partager cette seconde version en live, plus « sèche »mais d’une droiture et d’une clarté que je trouve toute aussi envoûtante.

 

Et là, mon cœur a littéralement explosé. Elle m’a dit qu’elle était ma Maison, que je venais de là cette étoile de l’Amour et que l’endroit où je pouvais la retrouver et la contacter n’était nulle part ailleurs que dans mon Cœur. J’ai été envahie de larmes d’émotion, de chaleur, d’Amour. Je sentais mon cœur et mon corps qui s’ouvraient et s’ouvraient encore et encore prêts à recevoir ses messages d’Amour pur de reconnexion à moi-même et d’où je venais …

« Je viens des terres de l’Amour Sauvage, je suis née du lien sacré de la Terre et des étoiles. J’embrasse le Monde en mon sein berçant ainsi l’homme, la femme, l’enfant, l’animal, le minéral. Je marche l’âme nue et le cœur plein, la chaleur du divin qui a bras le corps me dévore de sa langue tendre et suave. Je m’imprègne de son chant, source des voluptés et des justesses. De son antre, je me repaisse et fais naître des trésors qu’au creux de ma main dense j’aime à partager, empreints de puissance et de lumière, de bienveillance et de liberté.

Je suis la Femme Sauvage qui vit dans tes profondeurs.

Je suis ton Essence, ton feu de vivre, je suis ta danse sur les sables du monde, je suis ta joie, ta plénitude, je suis ton dedans et ton dehors, je suis ta rage de louve et ton sourire d’enfant, je suis ton origine souveraine et tes racines célestes, je suis ton âme guerrière et guérisseuse.

De l’ouverture des cieux jusque ta voie lactée, je suis la Femme Sauvage qui vit dans tes profondeurs. « 

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Crédit photos © JADE LOHE / Bretagne, Août 2016

Pendant que mon cœur se gorgeait d’amour, je me sentais littéralement clouée au sol et par le dos et le bassin la Terre me pénétrait de sa force, son énergie. Je ressentais toute sa puissance, sa vitalité et son ancrage. J’ai senti tout mon dos être tenu et soutenu par ce sol profond, celui qui durant toute notre vie terrestre nous porte. Je me suis sentie soutenue physiquement et moralement par cette puissance divine de la Terre-Mère. Le soutien par le dos, celui que j’ai souvent cherché dans mon travail scénique…

Il devait bien être 23h déjà, lorsque Pan qui passa toute la nuit non loin de moi m’apporta la seconde prise du breuvage. C’est bon, j’étais déjà « bien dedans ». La substance est vraiment très acide et me pèse lourd sur l’estomac, je continue mon dialogue aux étoiles toujours allongée au sol, portée, bercée…

D’autres messages allaient arrivés plus fort encore…

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Au milieu de ma rédaction, on me souffle de peut-être m’arrêter là pour aujourd’hui. Cela fait déjà beaucoup de choses, beaucoup d’informations en un article…

Je propose donc que nous nous retrouvions mercredi prochain pour la suite de cette aventure incroyable où nous monterons d’un cran supérieur dans cette veillée aux étoiles, cette magie des nuits sans fin. 

Je vous souhaite à toutes et à tous une merveilleuse fin de semaine, cette nuit Jeudi 1er Septembre c’est la Nouvelle Lune, pensez à faire vos vœux 🙂 …

Je vous embrasse de tout cœur.

Adèle

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6 réflexions sur “Santarem, Alter-do-Chão: mon rêve d’Ayahuasca (partie 1) / BRESIL

  1. ouh la ! là je ne te suis pas dans ces chemins (que je trouve dangereux)… Ici je n’ai pas besoin de mixture pour me nourrir des nuits étoilées, et trouver en moi et en l’autre les sources d’amour et de beauté 🙂

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