Alter-do-Chão: mon rêve d’Ayahuasca (partie 2) / BRESIL

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Bon mercredi les ami(e)s,

Je vous écris depuis la sublime bien nommée « Belle-île-en-Mer » où je rends visite à l’une de mes grandes amies pour quelques jours et me dis que ma foi, elle vaudrait bien que je lui consacre un article à elle toute seule ( je parle de l’île … Oh! Bien que mon amie aurait elle aussi bien des choses intéressantes à conter! Partie pour un voyage aux confins du monde, elle s’en revient tout comme moi avec nombre de récits et merveilleux souvenirs plein la besace aussi beaux et nourrissants que les miens!)

Mais tout ceci est une autre histoire et c’est sans plus tarder que je reprends le fil de la mienne là où je l’ai laissé la semaine passée. Je vous invite d’ailleurs à lire ou relire la première partie ICI afin de vous imprégner de l’énergie du récit dans sa continuité…

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Sur le côté enveloppés dans la nuit, les arbres forment un théâtre d’ombres de dentelles noires se découpant dans une succession de formes plus ou moins symétriques. Le premier à sortir du bois est le « Chat-bou »: le Chat-Hibou. Il porte un masque de hibou sur son visage de chat, il s’annonce comme étant le compagnon de mon vieux sorcier amérindien ( Tiens encore lui…oui oui… ils sont tous là à mes côtés, le vieux chamane, la vieille femme des chants guérisseurs, la Femme Sauvage aussi … ) Portée et protégée par toutes ces belles énergies.

Il y aussi dans ce théâtre d’ombre « Cocotte Folle », « Iguaçu » la vieille iguane, et sans doute bien d’autres qui restent tapis dans l’ombre… Et là c’est moi qui surgit, c’est moi petite fille, je reprends mon prénom Adéline. Je suis comme une enfant au spectacle et je me rappelle. Je dis  » Je me souviens à quel point j’aimais aller au spectacle quand j’étais petite, à quel point certains ont même changé ma vie ou la vision que j’en avais d’elle » … A quel point cette petite Adéline aimait ça et maintenant, c’est moi qui fait le spectacle.

C’est pour « elle  » que je fais ce métier, pour qu’elle continue de s’émerveiller et d’aller au spectacle / Nouvelle vague d’émotion /

Les étoiles me disent qu’elles aiment tellement quand je chante, que toujours elles sont là à m’écouter et que cela les ravit de m’entendre. Alors je fais une promesse. Celle de continuer. De ne pas douter et de continuer encore et encore. Oui, je vais continuer à écrire et chanter des chansons. Je les chanterais, votre présence au cœur chères sœurs lumineuses.

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Puis et puis… le plus fort arriva. Là où je ne l’attendais pas. Là où les réparations doivent se faire, là où l’inconscient demande l’apaisement et la sérénité. Là où la vie doit continuer de se bercer d’amour et tranquillement d’avancer et grandir en chemin.

Je fais un break ici tenant à défendre la démarche qui me pousse à raconter ce qui va suivre. Quelques soient vos positions sur le sujet que je m’apprête à aborder, elles vous appartiennent autant que m’appartient le choix d’avoir agit ainsi et je ne souhaite donc souffrir d’aucun jugement ni débat sur la question. En revanche j’aimerais à travers mon expérience partager, ouvrir à d’autres perspectives, d’autres horizons pourquoi pas, une autre manière d’appréhender une réalité que nombre d’entre nous ont vécu et/ou vivront dans leur existence.

La suite et fin du récit qui va suivre est une mélodie d’amour à toutes les Femmes et indirectement les Hommes qui ont fait le choix un jour de ne pas laisser s’incarner une petite âme venue des profondeurs de leurs cocons matriciels.

J’ai commencé à sentir la substance me peser lourd sur l’estomac. Me disant que j’allais probablement vomir (réaction tout à fait normal qui arrive souvent avec cette médecine, le breuvage doit à un moment « sortir » du corps d’une manière ou d’une autre (…), emportant avec lui les maux demeurés présents à l’intérieur.) En prévision donc de ce qui allait potentiellement arriver, j’ai commencé comme un chat à creuser un petit trou dans le sable. Et puis soudain, ça vient… je suis en réalité en train de creuser le lit, le nid éternel, le cocon pour toujours protecteur de cette petite âme dont j’ai avorté il y a de cela 2 ans maintenant. C’est venu comme ça.

J’ai commencé à dessiner son visage dans le sable, la forme de son corps. Et alors comme une maman, je l’ai bercé, rassuré, lui disant qu’il serait bien là dans ce si bel endroit entouré d’arbres et protégé des étoiles. Qu’elles seraient là à veiller sur lui jour et nuit. Je me sentais tellement bien, pleine d’amour, rassurante et maternelle. Alors doucement j’ai rebouché le trou, j’ai esquissé le visage de la Vierge à la place du visage, elle aussi veille sur toi j’ai dit et puis à la place du cœur, j’ai laissé la trace de ma main dans le sable.

Ma main sur ton cœur petit ange, mon tout petit pour que toujours elle te réchauffe, pour que toujours je le sente palpiter au creux de ma paume quand je caresserais le sable ou la terre, le sol précieux peu importe lequel, peu importe là où mes pas me mèneront sur cette ronde Terre, il sera là battant au creux de ma main.

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J’ai appris cela. J’ai appris que je pouvais être Mère, que je pouvais moi aussi guérir et rassurer, que je pouvais aussi prendre la responsabilité de cette énergie. J’ai appris qu’il était important (pour moi) d’avoir pu faire exister l’inexistant, qu’avoir fait le choix de ne pas laisser venir au monde cette petite âme à un moment de ma vie où rien n’était prêt pour l’accueillir (et surtout pas moi!) m’avait malgré tout appris à contacter cette substance maternelle qui m’était jusqu’alors complètement étrangère. C’est probablement ce que j’avais besoin de vivre et j’en étais pleinement reconnaissante.

C’est durant cette nuit millénaire dépassant tous les âges et les espaces-temps, sans début ni fin, au beau milieu de cette clairière sous les étoiles, là où la vigueur du vivant nous réunis tout à chacun depuis nos profondeurs ancestrales, guidée par l’esprit de l’Ayahuasca que j’ai pu faire exister l’acte de deuil symbolique le plus sublime et le plus tendre que jamais je n’aurais pu imaginer entreprendre.

Il y a ce petit bout de moi qui repose désormais dans les lointaines terres brésiliennes desquelles je suis moi-même en partie issue. Le retour aux origines s’est fait. La boucle est bouclé. Le chemin continue …

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Après cette nuit passée à déterrer et bercer mes trésors enfouis, j’ai pu délestée et nourrie reprendre ma route, cette fois entamer le chemin du retour, prête à rentrer à la maison.

Retrouvons-nous si vous le voulez bien la semaine prochaine à l’abordage de ce grand fleuve Amazone qui m’a longuement porté jusqu’aux portes du Pérou au fil de ces mouvances et de la danses des eaux.

Belle semaine à tous.

Adèle

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4 réflexions sur “Alter-do-Chão: mon rêve d’Ayahuasca (partie 2) / BRESIL

    1. Oh ma Bettina ❤ … Tes mots viennent enrober d'un voile délicieux ce récit livré en toute authenticité et en connexion avec l'énergie des Femmes que nous savons porteuses de ce Monde. Je t'embrasse de tout coeur également. A très bientôt.

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