Lettre à mon cher corps

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© Adèle Le Roux

Bonjour à tous.tes

Aujourd’hui je vous livre un article, que dis-je un texte un peu particulier.

Cette « Lettre à mon corps » dont j’ai entamé l’écriture durant ces quelques jours de jeûne  s’est finalement révélée être une lettre presque manifeste, une lettre de paix, de pardon, d’amour et de rédemption. Bien que très intime, j’ai néanmoins jugé nécessaire qu’elle soit partagée car elle témoigne d’une vibration puissante, d’un processus qui m’a demandé une mise à nue totale et sans concession et aussi et surtout c’est un majestueux hymne à la vie dont je ne peux qu’espérer qu’elle vienne vous attraper, vous chambouler, vous caresser, vous bercer au plus profond de votre être et vous faire toucher du doigt ne serait-ce qu’un instant la possibilité d’un rêve devenu réalité…

Aussi je tenais absolument à ce que ces mots soient « dits », à  faire entendre, résonner ma voix c’est pourquoi j’ai également enregistré l’audio que vous trouverez ci-dessous. Sentez-vous libre de choisir de quelle manière ces mots vous parviendront…

Oh dernière chose importante.

Si elle vous touche, si elle vous parle je vous en prie, partagez là.

Pas pour m’assurer plus de lecteurs, de followers où que sais-je, de ça je m’en fiche à un point, si vous saviez…. Mais si elle peut être lue, entendue, vécue par des personnes à qui ces mots qui m’ont été transmis (oh oui, j’ai fortement été guidée par des instances supérieures c’est certain, c’est trop fort, trop puissant, je n’ai pas pu pondre cela toute seule, croyez-moi… un jour je vous parlerais de tout cela) peuvent guider, réparer, apaiser un tant soit peu alors je vous en prie, faites le.

Faites voyager ces mots et l’énergie vibrante d’amour, d’espoir et de paix qu’ils diffusent.

Merci

Bonne écoute, bonne lecture!

 

 

Mon très cher corps,

Mon corps fort et puissant. Toi qui me permets d’exister au Monde et de pouvoir ainsi me gorger de toutes les Beautés dont il recèle. Toi qui me permets de voir, entendre, sentir, toucher, goûter, rire, danser, chanter, courir. Toi qui me permets de nager, aimer, embrasser, caresser, respirer.

Toi qui me fait vivre ici sur Terre car sans toi je ne suis qu’une âme, une entité qui ne pourrait être incarnée, sans toi je ne peux Être. Tu m’as offert chair et sang.

J’allais écrire que tu n’es pas parfait et pourtant si tu l’es. Tellement en fait. Il est où ce moment où j’ai perdu cela de vu… ? Ça remonte à longtemps.

On n’a pas toujours été mon cher corps, très copain toi et moi.

Aujourd’hui je me demande si j’aurais de moi-même développer cette espère de honte et de rejet que j’éprouvais à ton égard si dès l’enfance le monde extérieur ne s’était chargé de te montrer du doigt.

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© Frédéric Lemaître

Je tâche coûte que coûte aujourd’hui de pardonner erreur et maladresse à l’encontre de certaines personnes (enfants comme adultes, proches comme inconnus) mais je ne peux m’empêcher de grincer encore un peu des dents et sentir poindre en moi une sourde colère et une révolte certaine quand il m’arrive de songer à certaines paroles, certains gestes auxquels j’ai pu, tu as pu mon très cher corps, être confronté. (et songer à celles.ceux qui souffrent en silence. D’où partage de ce texte.)

Aussi je me dois de rédiger ces lignes comme un acte pacifique, une pierre à déposer ici et maintenant et pour toujours car il est allègrement temps d’enfin laisser tout cela derrière moi et de m’adonner à la joie, l’amour, la douceur et l’énergie créatrice, fabuleuse et intense que tu me permets d’avoir et qui me permet d’Être tout simplement.

Alors tu vois comment d’années en années ça progresse, comment ça bouge et évolue car de tristesse à désarçonnée je suis passée de rage à fierté poing levé!

On a malgré tout, toi et moi cheminé tant bien que mal main dans la main.

Rappelles-moi déjà quels étaient tes torts – ou plutôt le tort qui te valu quelques sévères remontrances et autres remarques désobligeantes ?

Ah oui c’est cela… Tu étais trop… fort ? Rond ? Costaud ? Bien en chair ? Gros ?

Bon dieu ce que j’ai pu exécrer ces termes.

Du coup que se passe-t-il dans l’esprit d’une gamine qui de base n’est pas bien assurée dans ces bottines, de nature plutôt timide et introvertie…? Bah ça rapetisse, ça rétrécie tout doucement à l’intérieur et de plus en plus. Sans savoir, sans faire attention, sans s’en rendre compte vraiment. Tu ne veux pas prendre de place et surtout tu ne veux, ne peux pas prendre Ta place parmi ce monde dans lequel tu ne te sens pas forcément bien accueillie (vous ai-je dit que j’étais adoptée, juste au passage…), ni à ta place pour le coup et auquel de toute façon tu ne corresponds pas.

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© Philippe Jozelon

 

Longtemps ton reflet dans le miroir ne me parut pas acceptable.

Aussi car le monde et la vision contemporaine (et occidentale et patriarcale, faut bien le dire……ouais je dézingue, j’vais me gêner tiens !) qu’on se fait d’un corps « parfait » me renvoyait qu’ainsi conçu tu ne l’étais pas. Oui j’aurais pu essayer de mincir, sombrer dans l’infernale spirale des régimes et autres… Je me refusais pourtant consciemment à rentrer dans ces manèges houleux, de courir après une image dites idéale que la société me renvoyait par flemme sans doute d’abord, ensuite avec un air de rébellion certain, enfin et surtout parce que je sentais instinctivement que le fond, le cœur du problème ne se résoudrait pas avec un chiffre plus ou moins acceptable sur une balance.

Preuve en est qu’en 2014, j’ai perdu 10 kilos en 6 mois et que malgré ça je ne me sentais pas spécialement plus en phase avec moi, avec toi mon cher corps. Même si cette période où j’ai pratiqué du sport à très haute dose m’a fait (re)découvrir à quel point j’aimais bouger et me dépasser physiquement et que c’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à me poser et remettre en question mon alimentation, plus globalement l’alimentation en général et l’impact que tout cela avait sur notre planète (autre sujet, autre débat… beaucoup à dire à ce sujet AUSSI !)

Ce n’est pas tant que la Beauté pour moi se référait à un quelconque cliché,stéréotype qu’on nous vend à longueur de temps dans les magazines et autre esthétique censé être plus vendeur, attractif, fantasmatique, bandant! – même si je dois bien avouer avoir plus d’une fois rêvé à ces ventres plus plat que la Hollande (Ne me demandez pas où je suis allée chercher ça… !!! ) et ces membres graciles sculptés à la « perfection », comme quoi ça fonctionne bien le bourrage de crâne même pour des esprits un poil plus retords comme le mien! Ce n’était donc pas seulement une question de Beauté, c’est juste que ces kilos en trop sur toi mon cher corps, ce n’était pas toi, ce n’étais pas moi. C’étaient des kilos de peurs, de tristesse aussi, des kilos qui me faisaient croire que je ne méritais pas d’être aimée, que les hommes avaient toutes les raisons du monde d’aller voir ailleurs là où forcément ça avait l’air mieux et j’en passe sur les fissures émotionnelles et affectives que mon esprit m’a servi sur un plateau des années durant.

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© Emilie Tavaerarii

 

Paradoxalement mon cher corps, je n’ai jamais eu peur ni honte de te dévoiler que cela soit sous le regard bienveillant des photographes qui ont eu l’exquise délicatesse de si souvent te sublimer ou dans des moments d’intimité folle et sauvage où alors là mon ami tu t’es toujours donné avec euphorie, bonheur, chaleur vorace et force vitale.

Ça a été une manière à moi de te sauver, de te préserver, de te rencontrer aussi et de faire mentir toutes ces idées qui me poursuivaient en me disant que non, définitivement tu n’étais pas parfait.

Je souris en écrivant cela car je n’ai jamais pu apprendre à apprécier autant la diversité des corps, des visages, de couleurs de peaux, de cheveux, des sons de voix, des mots qui sonnent et que je ne comprends pas qu’en voyageant, évidemment…

Tu sais ce qui nous a sauvé toi et moi je crois mon cher corps ?

Parce qu’il faut bien le dire qu’on a eu cette putain de chance là et en écrivant ces mots je pense à toutes ces personnes qui n’ont pas su, pas pu se raccrocher à quelque chose qui les tenait et les ancrait profondément et suffisamment en vie avant de dériver jusqu’à se meurtrir… (alcool, drogue, anorexie…j’en passe, vous m’avez comprise… C’est aussi pour cela que je partage ces mots ici.)

C’est l’Art et l’impact merveilleux qu’il a précocement eu de me faire développer ma sensibilité et d’apprendre à voir la Beauté en toute chose.

Cette fascination qu’ont exercé très tôt sur toi et moi ces énergies créatrices qui nous entouraient que cela soit par le biais de la musique, du cinéma, de la photo, de la danse, de la peinture, de la littérature bref tous les médiums permettant au monde, aux êtres humains d’exprimer des choses qui viennent nous chercher et nous relier tous ensemble, là quelque part où sous la poitrine bat une pulsation miraculeuse, unique et précieuse.

Et puis il y avait aussi tout autour cette nature tellement belle, vibrante et fascinante. Combien d’heures passées en forêt à escalader les troncs couchés, d’après-midi d’été à défier les vagues déchaînées, de châteaux de sable aussi éphémères, les nœuds dans les cheveux à défaire après que le vent fou y ait achevé sa danse folle. Combien de beauté, combien de bonheur, de sensations délices et merveilles éprouvées, d’énergie décuplée et tout ça grâce à toi mon cher corps.

C’est donc comme cela en suivant le fil que j’ai plongé dans ce monde imaginaire, le mien celui dans lequel je me sentais bien entre mes dessins, mes musiques, mon piano, mes livres et films favoris, c’est comme ça que peu à peu j’ai décidé presque sans le vouloir que ce monde serait le mien, en vrai, dans « la vraie vie » aussi.

Un monde de couleurs, de chants joyeux, de cercles infinis sous les étoiles, d’ami.es heureux, d’animaux guides et fougueux, d’arbres protecteurs, de forêt magique d’océan maternel et d’amour fabuleux.

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© Brigitte Curdel

 

Ça, ce monde souverain et authentique c’est ce qui se terrait, s’est tût tout au fond de moi pendant des années. J’avais le feu du volcan qui me brûlait les entrailles prêt à tout embraser sur son passage mais j’avais peur de cette éruption, de ces débordements de lave brûlante, peur que ça explose dans tous les sens tellement que je retenais, je retenais et tout implosait. Même sur scène alors que j’avais choisi avec foi et conviction ce chemin d’artiste, je n’osais – aussi parce que je ne savais pas comment – exprimer l’ampleur de tout ce qui pouvait se muer, se nouer et se dénouer, se lier et se délier à l’intérieur, ces choses qu’un artiste transmute et transcende à travers son art… Comme un souffle soyeux, alchimie de la vie même.

J’avais peur.

Peur du regard des autres, de ce qu’ils pouvaient penser. Peur d’être prise pour une folle et/ou de le devenir. Peur d’être rejetée, peur de ne pas être aimée. Peur de briller, peur de prendre ma place, peur de prendre trop de place, peur de déranger,  de faire entendre ma voix (vous voyez l’délire pour une chanteuse…)

Des peurs souvent irrationnelles et qui viennent de loin, très loin imprégnées dans vos cellules et dans vos mémoires…

Et dans ce Paris aux alouettes où beaucoup de choses ne sont que façade, égo, réseaux, paillettes, où se battre des coudes pour exister est souvent le seul moyen pour faire, là encore je ne trouvais pas complètement ma place ni ma manière de faire.

Tout demeurait immobile et silencieux sous l’argile. Et c’est dans cette glaise sombre opaque et dense que j’ai dû plonger complètement, m’immerger totalement, j’ai dû descendre au creux du volcan, au cœur de ma terre j’ai dû aller voir, entamer ce long et sinueux chemin plein de doutes, interroger les sorcières qui gardaient jalousement la clef de toutes ces peurs, toutes ces tristesses-là sous un tapis de poussière.

J’y ai heureusement et malgré tout rencontré des âmes merveilleuses qui m’ont guidé, accompagné un temps ou cheminent toujours à mes côtés sur ces routes escarpées où je ne cherchais rien d’autre au fond qu’à (re)trouver ma lumière, ce feu vivace et incandescent qui me permettrait de pouvoir partager, m’exprimer et être au monde exactement celle que je sentais être à l’intérieur.

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© Frédéric Lemaître

Ils ont été longs les masques à enlever, les corsets à dénouer, les peaux à muer mais courageusement patiemment j’ai un à un défait tous les liens qui m’enchaînaient.

Tout s’est accéléré à vitesse grand V le jour où j’ai décidé de tout larguer, d’aller voir ailleurs si j’y étais et de suivre uniquement ce que mon cœur me soufflait. Peu importe ce que cela engendrerait et où cela me mènerait, j’étais prête à foncer, prête à entendre et à écouter parce-que tu sais mon cher corps toute cette tristesse un peu sourde, ces solitudes qui si elles ne sont pas volontaires finissent par ternir, toutes ces peurs, doutes et questionnements qu’au fil des années je t’ai jeté sur le dos ça finissait par faire à force un manteau un peu trop gros.  Et puis va savoir pourquoi, va savoir comment j’ai toujours eu l’intime conviction, cette petite voix au fond de moi qui hurlait de se faire entendre et qui me disait qu’autre chose existait, forcément. Que tout « ça », ça n’était pas moi, qu’il existait autre chose, forcément.

Comme si toujours j’avais perçu ne serait qu’un tout petit peu de lumière là-bas au bout du tunnel et là il n’y a qu’un seul mot qui me vient, cela n’a aucun rapport avec la religion mais j’ai cette chance je crois d’avoir toujours eu en moi, qui continue de me porter toujours plus loin toujours plus fort, cette irrépressible Foi.

Alors avec foi, courage, patience, ténacité, intégrité, authenticité j’ai emprunté cette route que mon âme invoquait de toutes ses forces. 

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© Laurent Zul

 

Les baleines ont fait péter d’amour tous les barreaux de la cage qui gardait mon cœur prisonnier, les arbres m’ont enseigné la voie de l’ancrage, de l’enracinement, de la flexibilité, le vent m’a soufflé l’impermanence des choses et emporté avec lui le sel de mes larmes, j’ai entendu la voix de la Terre Mère ronronner au creux des bouillonnants cratères, je me suis baignée et mille fois ai offert ma nudité à l’Océan et aux torrents palpitants des rivières et les éléphants m’ont avec tendresse portée et bercée sur leur dos comme on aide un papillon à s’envoler en même temps que de continuer à m’insuffler et faire émerger ces sagesses ancestrales blotties bien au fond de mes mémoires et qui n’attendaient qu’une chose c’est d’être cueillies et renaître au monde.

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© Mélanie Mandard / http://www.assowassana.com

Et pourtant tu sais mon cher corps, si tu savais en secret combien de fois j’ai pu être fier de toi.

Tous ces moments vécus, ces moments de tracs avant de monter sur scène, ces moments de grâce, ces dépassements physiques dans lesquels je t’ai mené qui ne m’ont jamais rebuté parce que je savais que tu serais là, que tu tiendrais le coup, que tu ne me lâcherais pas, ces marches dans le désert, ces ascensions de volcan et autres montagnes, ces courses effrénées en bord de mer, ces nuits glaciales ou au contraire brûlantes dans des voitures, des bateaux, des tentes, des hamacs, sur des plages dans des forêts, ses sacs de voyage pesants que courageusement tu trimballais sur ton dos comme ta maison au cœur de ces pays lointains.

Et même ce jour où tu as accueilli cette petite âme dans ton nid, que je n’ai pas souhaité garder car si visiblement toi tu l’étais, pour ce qui était de mon esprit c’était une toute autre chanson, je n’étais pas prête et c’est sans regret. Mais bon dieu de savoir, de constater que t’étais aussi capable de ça, de donner la vie,  alors là oui j’étais fière !

Je suis fière de ta force, de ta puissance, ton endurance, de ton énergie qui s’élève et se renouvelle à l’infini et après tout cela, qui oserait encore dire que tu n’es pas parfait ?

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© Frédéric Lemaître

Pour l’avenir, rien ne m’effraie tu sais.

Je sais que je saurais accueillir tranquillement et pas à pas les signes du temps qui passe, les premières rides qui me rappelleront les merveilleux sillons du désert creusés avec tendresse par les eaux du ciel là-bas quelque part au Brésil, peut-être que les premières douleurs qui s’insinueront me rappelleront les craquements vivants des forêts californiennes de séquoias géants, on aura peut-être réussi à mettre au monde quand le moment sera bon et pour toi et pour moi, une, deux ou trois petites têtes blondes, peut-être plus, peut-être moins, peut-être pas, j’en sais rien on verra bien (onnenestpaslà) et puis surtout je sais qu’on va continuer encore et pour longtemps à vivre des aventures fabuleuses toi et moi, parcourir le monde toujours plus, créer de la Magie et de la Beauté  là où il yen aura besoin, laisser les forces invisibles continuer de nous guider et surtout,  surtout célébrer et jouir au plus profond de tes cellules et de tes tripes ta Liberté (re)trouvée.

Aussi un peu – beaucoup – par pudeur je crois car je sais que ces mots seront exposés, partagés, lus j’ai tout au long de ce texte parlé de toi à la deuxième personne comme si tu m’étais extérieur alors que on s’entend, je sais bien que… Je suis Toi, tu es Moi. A nous deux, nous ne sommes qu’un tu sais bien !

Mais parler de moi juste à la première personne c’était vraiment un peu compliqué… Et puis de toute façon je sais bien, tu sais bien, nous savons…

Je ne suis pas qu’un corps, qu’une pensée ou qu’une âme. Je suis tout ça à la fois et c’est toutes ces parties de moi qu’aujourd’hui je tends à (ré)unir et ne faire plus qu’Une entièrement, dignement et librement.

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© Brigitte Curdel

 

Alors voilà mon très cher corps, tout ça pour te dire au bout de ces longues lignes qui depuis le temps voulaient s’écrire, se dire, sortir, fleurir. Tiens d’ailleurs regarde comme c’est drôle justement la carte que j’ai tiré ce matin « Les mots veulent s’écrire »… C’était qu’il était vraiment temps, c’était le bon temps, le moment juste n’est-ce pas ? Ces lignes qui m’ont fait pleuré, lutté, rêver, ces lignes qui m’ont pansé, m’ont faites prier, rire et apaiser, ces lignes qui m’ont arraché en douceur cette vieille peau qui désormais ne nous sert plus ni à toi ni à moi mon cher corps et qu’on pourra aller la jeter, l’enterrer ou la brûler ensemble autour d’une danse du feu sacrée. Juste deux mots. Juste tout simple, comme toi et moi.

Juste.

Je t’aime.

**************************

Je vous laisse en musique avec l’une de mes héroïnes. J’ai envie de vous raconter (vitefait…) ma rencontre avec cette artiste qui ne m’aplus jamais quitté depuis (parmi tant d’autres).

J’avais 12 ou 13 ans, je crois que c’est mon père qui a dû me glisser un cd dans les mains. Les premières notes résonnent et s’élève cette voix si profonde, chaude, grave et envoûtante – je dois vous le dire, elle a pour moi quelque chose d’infiniment maternelle… Je me souviendrais toute ma vie de la chanson et de mon émotion.

C’était « Don’t let me be misunderstood ». Les larmes me sont immédiatement montées aux yeux, un frisson m’a parcouru l’échine et mes poils (enfin tout est relatif… je suis quasi imberbe !!!) se sont dressés comme sous le coup d’une décharge électrique !

Nina Simone qui m’a accompagné durant une bonne partie de l’écriture de ce récit et cette chanson sublime qui illustre à merveille je crois l’humeur et l’énergie dans laquelle je baigne à l’aube de ce nouveau chapitre de ma vie.

Prenez soin de vous et à bientôt.

Adèle

 

 

 

 

Oh et petit bonus … parce que celle-là, elle est incontournable.

 

 

« Wild is the Wind « … qu’ajouter de plus qui ne se dise déjà dans cette ivresse de mots, de sons, de mélodie. C’est pour moi la plus vibrante, la plus sauvage, la plus sensuelle des chansons d’amour que je pourrais m’en arracher les tripes et le cœur tellement ça vibre et que montent les larmes d’émotion chaque fois que je l’écoute. C’est un acte d’amour, une montée lente et progressive vers le plaisir et l’explosion scintillante.

Oh et puis pour terminer sans bouder son plaisir…

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6 réflexions sur “Lettre à mon cher corps

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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  2. Wow, merci pour ce texte! Après sa lecture, s’était plus fort que moi, je devais prendre le temps de remercier mon corps et de lui dire que je l’aime! Alors, il te remercie d’avoir initié ce beau message… Mon corps te remercie… JE te remercie… NOUS te remercions…

    Aimé par 1 personne

  3. Merci Adèle, un chemin long, avec des embuches, je prends contact avec mon corps doucement, surement et en toute intimité, je chemine et un jour, j’accoucherai de celui-ci… Merci pour ton témoignage… A lire et à relire…

    Aimé par 1 personne

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